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Sur le blog en chantier d'un exilé temporaire...
Jusqu'en janvier 2009, je pensais pouvoir suspendre provisoirement ce blog pour en tenir un autre. En effet, je vivrai pendant six mois aux Etats-Unis, en pleine campagne pour la présidence. Je pensais pouvoir le suspendre, mais c'est dur :-)
A partir du 28 novembre, ce blog sera en chantier, pour mieux vous servir, bien sûr!
Maurer au gouvernement : danger !
Une pétition circule à ce sujet, signez-là ici. Autres pétitions: celle des Verts et celle de Ada Marra du PS.
Une politique basée sur la peur n’est jamais un bonne politique. C’est pourtant le sentiment qui ménera dans quelques jours à l’élection d’Ueli Maurer au Conseil Fédéral. Le Parti Radical-Libéral (à moins que ce soit l’inverse), de même que le PDC, vont élire Maurer de peur de subir les foudres de l’UDC lors des prochaines élections au Conseil fédéral, simplement parce que Pascal Couchepin risque bien de quitter rapidement l’exécutif, et que l’un comme l’autre ont des vues sur ce siège. La politique du bâton et de la carotte menée par l’UDC fonctionne donc parfaitement.
S’il fallait revenir en arrière, on pourrait retourner un certain 10 décembre 2003, journée sombre où Christoph Blocher a été élu en lieu de place de Ruth Metzler. Ce jour là, la formule magique vole en éclat. Durant les quatre années où le tribun zürichois siège au gouvernement, c’est un autre élément traditionnel de la politique suisse qui va en prendre pour son grade : la collégialité et par là-même la concordance. Andreas Gross décrit deux choses importantes, la concordance est philosophiquement la renonciation à « prétendre détenir la vérité de manière exclusive », et si elle suppose une représentation mathématique des forces en présence au Parlement, elle ne devrait inclure que les partis qui adhèrent à cette manière de voir notre gouvernement. Ce n’est pas le cas de l’UDC qui, par exemple, aimerait voir le peuple élire le Conseil Fédéral. Mais surtout, ce n’est pas le cas de l’UDC depuis que Blocher a été évincé du gouvernement et que le parti s’est autoproclamé « opposition ».
La volonté de l’extrême droite de retourner au gouvernement est sans doute un constat d’échec de cette politique d’opposition. Volontairement absente du Conseil Fédéral, l’UDC a perdu quasiment tous ses combats cette année. Et ses errements vis à vis des accords bilatéraux ne font que renforcer ce sentiment.
Mais depuis quelques semaines, le parti semble s’être recomposé autour de la possibilité de retourner au gouvernement. D’abord parce que médiatiquement et stratégiquement ils ont finement joué la partie en proposant à nouveau Christoph Blocher, . L’inacceptabilité de l’un rendrait-elle l’autre acceptable ? C’est le sentiment qui se dégage des débats. Et malheureusement, personne ne semble remettre en cause l’acceptabilité de Maurer. Moi si.
Ueli Maurer est un pur produit blochérien. En 1996, il devient président de l’UDC sous l’impulsion de Blocher lui-même. Au point d’ailleurs que certains médias vont s’acharner sur sa personne, le ridiculisant comme étant un simple pion servile. Mais sous sa présidence, l’UDC va opérer un fort virage à droite, doubler sa base militante et engranger victoire après victoire aux élections (pour ne pas citer son implantation en Suisse Romande). Au point de devenir en 2003 le parti le plus puissant de Suisse. Blocher ne semble pas l’avoir choisi au hasard, il n’est peut-être pas charismatique, mais travaille dur et a la fibre populiste. Il est contre l’intégration européenne, contre les étrangers. Son style n’est pas vraiment du genre « politiquement correct », par exemple pour avoir affirmé un jour que « tant que je parle de nègres, les caméras restent sur moi » (« Solange ich Neger sage, bleibt die Kamera bei mir. », Basler Zeitung). Ou pour avoir parler de la ville de Berne comme d’un bidonville parce qu’elle était gouvernée par la gauche. Quelle finesse… Et son flaire politique semble pour le moins efficace. Il quittera la présidence du parti au moment où celui-ci commence à se morceler.
Et une année après, il revient sur le devant de la scène comme seule candidat de l’UDC (Blocher n’est pas un candidat crédible après sa baffe de 2007). Est-il devenu fréquentable ? Le PS, le PRD et le PDC semble trouver que oui. L’accession de Maurer au Conseil Fédéral sera pour Christoph Blocher une vengeance personnelle, mais aussi un moyen de retourner discrètement hanter les séances du Conseil fédéral (s’il ne profite pas de la place laissée vacante par Maurer pour retourner au Parlement).
Maurer ne sera jamais qu’un pion dans le jeu de Blocher et c’est une raison suffisante pour ne pas l’élire le 10 décembre 2008. Et au-delà de la question du pouvoir, son style politique, ses idées et le comportement de son parti me font imaginer le retour de la politique du pire. L’UDC zurichoise n’a pas sa place au gouvernement si elle en accepte pas au moins les règles du jeux. En jouant les girouettes entre parti gouvernemental et parti d’opposition, en faisant preuve d’un autoritarisme au forts relents fascisants (éviction de la section grisonne, pression sur ses élus, etc.), l’UDC a montré qu’elle n’a pas sa place au gouvernement si elle ne propose pas des personnes capables de jouer le jeu.
Voir aussi l’excellent article sur le sujet dans Domaine Public. Et un autre ici ..
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politique, suisse, udc
Fabien Fivaz, le 3 décembre 2008, 22:22 | 0 commentaire(s) | Permalink | 47 lecture(s)
Un nouveau modèle journalistique
Les problèmes que rencontrent les employés de la presse cantonale (L’Impartial et L’Express), mais également plus largement dans toute la Suisse (Edipresse en particulier), me font réagir, également suite à la lecture d’un article dans le New York Times qui parlait de l’émergence d’un nouveau type de médias aux Etats-Unis. Le NYT cite trois exemples : le Voice of San Diego.org, MinnPost.com et le New Haven Independent.
Depuis quelques temps, on voit apparaître de ce côté de l’Atlantique une nouvelle manière de faire du journalisme «papier», proche des journaux traditionnels dans le fond, mais de plus en plus éloigné dans sa forme. D’abord parce que ces «journaux» sont uniquement disponibles sous forme électronique, en libre accès sur Internet. Ils partagent avec les journaux traditionnels le fait d’employer des journalistes, qui sont payés pour leur travail, et donc également l’éthique journalistique propre au quatrième pouvoir. Ceci les différencie en quelque sorte des médias en ligne comme les blogs. Comme les journaux, ils vivent partiellement de leurs revenus publicitaires, mais également des contributions – souvent volontaires – de leurs lecteurs. Contributions volontaires simplement parce que leur contenu est gratuit. Mais ce ne sont pas pour autant des « gratuits » à l’image du Matin Bleu ou de 20 Minutes, parce que leur contenu n’est pas majoritairement conçu autour des dépêches d’agences et de la publicité, mais autour d’articles originaux1. Souvent, ils ne couvrent qu’une ville ou une région et ne parlent pas ou peu de l’actualité nationale ou internationale, sinon pour en montrer les effets à l’échelle locale ou régionale.
Ce qui différencie définitivement ces nouveaux médias des journaux traditionnels, c’est le modèle économique se lequel ils sont construits. Tous ont en commun le fait d’êtres des associations ou des fondations à but non lucratif. Avec parfois des modèles sociaux novateurs. Ceci apporte un avantage indéniable : une liberté et une indépendance «retrouvée», parce que bien souvent, les titres de la presse actuelle sont en main de grands conglomérats dont l’indépendance vis-à-vis des annonceurs n’est pas des plus transparentes.
L’intérêt d’Internet comme moyen de diffusion de l’information n’est plus à démontrer. Tous les médias traditionnels ont été forcés d’y mettre le pied, avec plus ou moins de succès. L’avantage de la toile réside dans la possibilité de mettre à jour l’information de minutes en minutes, mais également d’interagir avec le lecteur, ou de lier les informations entre elles. Ceci rend la lecture en ligne souvent plus interactive que la lecture papier. Et avec l’évolution rapide des moyens d’y accéder, par exemple au moyen d’un téléphone portable, la diversité des lecteurs peut être aussi grande que pour un journal traditionnel, voire permet souvent de toucher des personnes qui n’auraient pas pris le temps de « lire le journal ». Un jour sans doute, nous passerons-nous du papier comme moyen d’accéder à l’information. Finalement, l’avantage majeur réside dans les coûts de diffusion et la possibilité de toucher un très large bassin de population.
Alors, à quand une association ou une fondation neuchâteloise pour une presse libre et indépendante, publiant sur Internet des informations locales mises en ligne selon une ligne éditoriale originale, libérée des contingences du format papier et basée sur un modèle économique novateur, qui ne favorise pas la croissance et le bien-être des cours de la bourse et des actionnaires, mais une véritable information ?
1 De plus, de ce côté de l’Atlantique du moins, gratuit ne rime pas forcément avec mauvais. Le New York Times en est sans doute la plus éloquente démonstration.
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médias
Fabien Fivaz, le 21 novembre 2008, 00:11 | 2 commentaire(s) | Permalink | 134 lecture(s)
Avec la newsletter, restez informé!
Je vous propose une autre manière de rester informé, la newsletter. Je ne vais pas vous bombardez d’email, soyez rassuré, mais de temps en temps, suivant mon humeur, je vous enverrai mon avis sur ce qu’il se passe en politique, en particulier au niveau local et cantonal. Les choses qui me plaisent, celles que me plaisent moins.
Mettez simplement votre email dans sous “Newsletter” dans le bandeau de droite du site. Et bien sûr, vous pouvez vous désinscrire à tout moment, d’un simple clic.
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médias
Fabien Fivaz, le 13 novembre 2008, 16:52 | 1 commentaire(s) | Permalink | 111 lecture(s)
Une élection (presque) historique... et maintenant?
Beaucoup vont trouver que c’est de la naïveté béate, mais je peine à voir dans le résultat de l‘élection autre chose qu’un vote historique, comme la plupart des médias, ici comme ailleurs. Depuis huit ans que dure le règne du pire de l’administration Bush fils, les Etats-Unis ont changé – en bien comme en mal – et Barack Obama a su reconnaître et exploiter avant et mieux que tout le monde cette aspiration au changement. En tant que Président, il devra utiliser au mieux son pouvoir pour concrétiser cette volonté de changements dans une réforme à large échelle des institutions et des habitudes américaines.
Les guerres
Les Etats-Unis sont empêtrés dans deux guerres (au moins) issues de la lutte contre le terrorisme initiée (ou plutôt hyperactivement développée) après le 11 septembre 2001. L’Irak et l’Afghanistan ne seront pas des sujets simples et le souhait d’Obama de sortir de ces guerres ne doit pas se réaliser sans une concertation avec tous les acteurs au niveau international. Un retrait unilatéral des troupes n’est simplement pas envisageable, il est donc impératif de retourner à l’ONU (j’ai envie de dire humblement, tellement l’administration précédente a critiqué cette organisation) pour chercher et mettre en oeuvre une solution. Et cette dernière ne passera pas sans un dialogue accru avec les pays du Golfe, l’Iran comprise et une redéfinition de la manière dont les Etats-Unis appréhende le monde musulman.
A chaud, je verrais bien une personnalité comme l’ancien Président français Valery Giscard d’Estaing – qui a été très actif au niveau de la construction européenne – prendre la tête d’une grande déléguation internationale mandatée pour plancher activement, avec les autorités irakiennes, sur la manière de sortir de la crise et remettre le pays sur pied. Loin de moi l’idée d’une ingérence diplomatique totale, je verrais plutôt un groupe d’accompagnement à la transition.
Les Etats-Unis ne peuvent se sortir seul de la crise, la communauté internationale dans son ensemble doit l’aider dans cette tâche titanesque.
L‘économie
Je ne vois rien qui me plaise dans la manière dont le nouveau Président veut sortir de la crise financière actuelle. Tous les présidents précédents, depuis Reagan, ont amplifié les dérégulations qui ont conduit à la débâcle. Ce n’est pas en soutenant à coup de centaines de milliards l‘économie, en réduisant les impôts ou en favorisant les crédits, sans changements structurels profonds, qu’Obama réussira à changer les choses.
Il faut réguler fortement les marchés, leur imposer des règles de solidarité et de transparence qui permettront peut-être de mettre fin à un néolibéralisme qui sacage depuis 20 ans notre Etat social et globalise la misère et la désolation à l‘échelle mondiale.
De la même manière, le FMI, la Banque Mondiale et l’OMC doivent devenir des instruments au service des peuples plutôt que des institutions à la solde des grandes multinationales.
Le social
Les Etats-Unis sont le pire exemple en matière sociale et pourtant, le monde entier semble vouloir leur emboîter le pas – la Suisse en tout cas. Barack Obama l’a dit, un Etat social ne fonctionne pas sans un système de santé qui offre la sécurité nécessaire à une vie décente. (Re)créer un système de santé efficace et solidaire aux Etats-Unis, c’est un premier pas.
Mais les problèmes ne s’arrêtent pas là. Le système éducatif américain est basé sur la compétition et l‘égalité des chances n’existe simplement pas. Les meilleures écoles sont les plus chers et sont basées dans les quartiers les plus chics du pays. Ailleurs, la formation est dispensée avec les moyens du bord, faute d’aides étatiques suffisantes. Le pays compte parmi les meilleures universités en matière d’enseignement, mais leur coût est prohibitif et les étudiants, lorsqu’ils parviennent à y entrer, s’endettent durablement pour réussir. Et il va s’en dire que les meilleures écoles préparent aux meilleurs universités et que finalement, c’est sur les moyens financiers que se base la compétition, y compris lorsqu’il s’agit de décrocher les quelques bourses qui sont dispensées.
Etre pauvre aux Etats-Unis c’est aujourd’hui être contraint de le rester. Le rêve américain tel que le décrive les médias après l‘élection d’Obama n’existe pas pour une bonne partie de la population du pays. Tout est à revoir et la tâche risque bien d‘être titanesque.
L’environnement
Pas besoin de faire un long topo en la matière, les Etats-Unis sont simplement le pays le plus inconséquent en matière environnementale. Climatiquement, c’est le pollueur numéro un sur terre et les défis pour combler son retard en la matière sont innombrables.
L‘économie américaine (mondiale je devrais dire) est basée sur une donnée fondamentale : une énergie gratuite, ou presque, et provenant de ressources non renouvelables. En matière de transports, le pays est tellement vaste et la densité de population globalement tellement faible qu’il n’y a finalement que quelques villes de la côte est qui pourrait imaginer développer des véritables alternatives à l’européenne (transports en commun entre autres). Le pays doit revoir en profondeur sa manière d’aménager le territoire et mettre fin au rêve des suburbs dont on entend tant parler suite à la crise des subprimes.
Je n’entrevois pas de solution, mais le nouveau gouvernement devra plancher longuement sur la question des zones urbaines et extra-urbaines. Parce que l’enjeu est à la fois social et environnemental, ce devrait être un des sujets phare.
C’est identique pour la question des énergies renouvelables pour l’approvisionnement électrique. Le pays a les moyens à la fois humains, techniques et industriels mais aussi un territoire immense pour généraliser par exemple la pose d‘éoliennes. Malheureusement, Barack Obama a fait campagne autour du Clean Coal (production d‘électricité à partir de charbon dont les émissions de carbone sont ensuite injectées dans le sol, si j’ai bien compris le concept) et c’est bien dommage.
La question de la production énergétique locale doit être étudiée et les solutions mises en place hors de l’influence (immense) des lobbys.
Tout est lié
C’est fou comme tout est lié. La question de l’urbanisme des villes est liée à des questions sociales et énergétiques et indissociable d’une approche économique. De la même manière, la question de la guerre est indissociable de la question énergétique et économique. Etc. C’est ça le développement durable !
Finalement…
Quand je lis relis ceci, je me dis qu’il n’y a pas que les Etats-Unis qui ont besoin de changements…
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Fabien Fivaz, le 5 novembre 2008, 21:41 | 0 commentaire(s) | Permalink | 117 lecture(s)
Première tache du nouveau président: revoir le système électoral!
…dans son entier !
La démocratie américaine souffre d’une tare majeure, son système électoral est globalement déficient et la première chose que devrait faire le prochain président, c’est le revoir. En profondeur.
L’enregistrement
Ceux qui veulent voter aux Etats-Unis doivent… s’enregistrer ! Lorsqu’on vient d’un pays comme la Suisse, c’est un fonctionnement pour le moins étonnant. Chez moi, à 18 ans, les gens reçoivent leur bulletin de vote automatiquement, et choisissent s’ils veulent voter ou non. Point barre. Ici, ce n’est pas le cas, si les gens veulent voter, ils doivent en faire la demande et ceci au minimum un mois avant la votation. Celui qui a oublié de s’enregistrer à la date butoir ne peut rien y faire, il ne votera pas.
Les Etats-Unis devraient passer à un système où chacun, dès sa majorité, a le droit de vote, dans sa commune de résidence.
Le vote
Le système de vote américain est archaïque. D’abord parce que le vote se tient un mardi. Ce jour incongru a été choisi en 1845 parce que… la société américaine était alors principalement agraire et que les gens se déplaçaient à cheval. Il fallait au maximum un jour pour se rendre au bureau de vote, un jour pour voter et un jour pour revenir. Et comme le samedi était férié (sabbat), on a choisi le mardi… Sauf que de nos jours, les gens travaillent ce jour-là et, comme vous le verrez plus loin, les files d’attente aux bureaux de vote peuvent durer plusieurs heures.
Les Etats-Unis pourraient revoir le jour de vote pour le fixer sur un dimanche (comme c’est le cas en Suisse ou en France).
Le système actuelle oblige la plupart des personnes a aller en personne au bureau de vote. Seuls certains Etats pratiquent le vote anticipé. Et parfois, l’attente dure jusqu‘à 8 heures ! Seuls quelques Etats ont passé à un système de vote par correspondance.
Peut-être est-il temps de généraliser ceci.
Reste encore un problème majeur qui n’est toujours pas réglé, huit ans après avoir jeté un lumière froide sur les défaillances du système : les machines à voter. Qui sait combien de votes vont être oubliés demain ? Sans vouloir vanter le système suisse, on n’a pas inventé meilleur système qu’un papier et un crayon pour voter. C’est simple et noble !
Les Etats-Unis doivent (re)trouver une manière simple de voter et de (re)compter les suffrages.
Le système électoral
La démocratie américaine est en quelque sorte une semi-démocratie. Parce que le président n’est pas élu au suffrage universelle mais choisi par un collège électoral qui ne représente que vaguement le choix des électeurs (élection indirecte). Chaque Etats envoie début décembre une nombre de délégués dépendant de sa population (et dont le total équivaut au nombre de sièges au Congrès et au Senat dudit Etat). Chaque délégué est mandaté par le parti qui a remporté la majorité simple. Exemple, en Californie, il y a 55 délégués. Il suffit à un candidat de remporter la moitié des suffrages plus une voix pour remporter le pactole.
C’est pour ça que le 4 novembre, tous les yeux seront rivés sur ce chiffre de 270 délégués, le nombre qu’il en faut pour devenir président…
Quelqu’un disait l’autre jour que ce système est utile parce que la population n’a pas toujours tous les éléments en main en ce qui concernele choix d’un candidat…
Drôle de système… à changer au plus vite !
Le bipartisme
Last but not least, le système américain souffre encore d’un problème majeur : son bipartisme. Les démocrates et les répblicains se partagent les votes, donc le pouvoir, les médias, donc le pouvoir, etc. Les indépendants et les petits partis n’ont simplement pas la possibilité de faire entendre leurs idées. Symptomatique : la page du New York Times qui présente les candidats comporte… deux noms! Je vous laisse deviner.
Il est temps pour les Etats-Unis de passer à une système multipartite, pour une plus grande diversité d’opinion et pour plus de démocratie et de transparence !
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elections+américaines
Fabien Fivaz, le 4 novembre 2008, 06:22 | 0 commentaire(s) | Permalink | 141 lecture(s)
Obama a redéfini la manière de faire une campagne électorale
Quel que soit le résultat de l‘élection mardi prochain, Barack Obama a définitivement changé la manière de conduire une campagne électorale. Plusieurs aspects peuvent en effet être décrit comme nouveau. D’abord, l’utilisation des technologies liées à Internet. En utilisant massivement – et avec succès – les outils Web 2.0 comme Facebook ou Youtube ou simplement son site et blog, le staff démocrate a touché une partie de la population qui était insensible aux instruments traditionnels de campagne (débats, annonces radiophoniques ou télévisuelles, stands ou porte-à-porte). Seuls, ces outils ne permettent pas de toucher l’ensemble de la population, mais ajouté aux éléments traditionnels, ils ont créé une campagne intégrée.
Le bombardement publicitaire a atteint des proportions presque indécentes pour les internautes allant de la publicité ciblée sur Google Adwords à la publicité générale sur les sites les plus visités du Web ou simplement à travers une campagne massive d’emails (presque un par jour). A la télévision ou à la radio, pas un jour ne passait sans qu’on voit la tête du candidat ou qu’on entende sa voix et ses idées (lorsque le but de l’annonce n‘était pas détruire celles de l’autre). Le clou du spectacle était hier soir lorsque Obama s’est offert 30 minutes de télévision sans publicité (sinon pour lui-même) sur les cinq major networks. Une première dont l’impact réel n’a pas encore pu être mesuré mais qu‘à l’avenir tous les candidats américains utiliseront, pour autant qu’ils en aient les moyens. L’opération a en effet coûté la bagatelle de 5 millions de dollars, rien qu’en minutes d’antenne (et vu la qualité toute hollywoodienne de la réalisation, on peut en imaginer le prix).
Le risque était réel de dégoûter les gens à force de matraquage médiatique, mais ceci ne s’est pas réellement réalisé. Au contraire peut-être, selon les premières projections, jamais autant d’Américains ne sont allés voter prématurément ou iront le faire mardi. Et jamais la population ne s’est autant intéressée à la politique, des plus jeunes aux plus vieux.
Outre la pression médiatique affolante, un autre aspect tout à fait nouveau a fait son apparition. Plus de la moitié des 650 millions de dollars de fonds qu’ont récolté Obama et les démocrates proviennent de dons de particuliers dont le montant est inférieur à 200 dollars. Une fois de plus, c’est grâce à Internet que cette fabuleuse levée de fonds a pu être organisée. Pas une semaine ou un jour ne passe sans qu’un email demande de mettre la main au porte-monnaie pour soutenir le candidat ou un de ses événements. Son site affiche depuis longtemps un formulaire de soutien en pré-page. Le résultat est inespéré et a définitivement fait taire ceux qui critiquaient en août la décision d’Obama de se passer des fonds gouvernementaux.
Une dernière chose épatante. L‘équipe démocrate a, grâce à ses fonds et sa gestion des nouvelles technologies créé un réseau de militants bénévoles qui dépasse l’entendement. Ils sont des millions à travers les Etats-Unis à aider les démocrates pour la campagne “traditionnelle” (stands, porte à porte, organisation de meetings). Mardi, ils seront autant à prendre congé ou sécher les cours pour encourager les indécis à voter.
L’histoire dira si ces changements ont eu l’impact espéré…
PS: Pour terminer, il faudrait encore ajouter que, même si les outils de campagne changent, je n’ai pas d’illusion sur le fait que, Obama ou pas, la manière de faire de la politique, elle, n’est pas prête de changer…
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médias, obama,
Fabien Fivaz, le 31 octobre 2008, 00:30 | 0 commentaire(s) | Permalink | 249 lecture(s)
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30 ans, Biologiste de formation, je travaille actuellement pour le Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF) et le Centre de coordination pour la protection des amphibiens et des reptiles de Suisse (KARCH), deux fondations actives dans la protection des espèces animales en Suisse.
Membre des Verts, je suis conseiller général à la Chaux-de-Fonds depuis juin 2005 et membre de la commission financière depuis fin 2005. Je copréside la section des montagnes neuchâteloises des Verts.
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